Infiltration, harcèlement et transphobie : dans les coulisses d’un collectif hostile aux transitions des enfants

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Infiltration, harcèlement et transphobie : dans les coulisses d’un collectif hostile aux transitions des enfants

Message par genderfucker » 06 mai 2024 11:14

Plusieurs articles très intéressants sont parus dans Médiapart ces derniers jours référencés dans la série "Mineurs trans : la fabrique d’une panique".

Il y en a un qui concerne plus directement le forum donc je poste ici. C’est à propos d’un collectif de parents de personnes trans qui cherchent à empêcher leur enfants de transitionner et de mener plus largement des actions contre les droits des personnes trans. Ces personnes parlent explicitement d’infiltrer notre forum (mais ça veut pas forcément dire qu’iels l’ont fait).

!! Attention, les propos rapportés de certains membres vis-à-vis des personnes trans en général ou de leur propre enfant sont hyper trash, c’est humiliant et déshumanisant au possible, il y a également des incitations au suicide, je vous suggère de ne pas lire cet article si ça va pas trop !!

https://www.mediapart.fr/journal/france ... s-des-enfa

Infiltration, harcèlement et transphobie : dans les coulisses d’un collectif hostile aux transitions des enfants

Acteur clé de l’offensive actuelle contre les transitions de mineur·es, Ypomoni se présente comme un simple groupe de parole pour des parents d’enfants trans. Des documents internes consultés par Mediapart montrent combien ce discours de façade cache « une guerre » contre les droits des personnes trans et leurs soutiens.

« On sait très bien que parmi nos enfants, certains vont faire une transition. Plus ou moins complète, et ce n’est pas une question. On veut simplement qu’ils prennent leur temps. » Sur France Inter, ce 11 décembre 2022, le discours de Jeanne est posé et nuancé. C’est la parole d’une mère dont l’enfant souhaite changer de genre et qui répète le mantra du collectif Ypomoni qu’elle représente.

Peu connue du grand public, cette structure, fondée en 2021, fait depuis son chemin pour prendre la parole dès qu’un sujet aborde la question de la transidentité pour les mineur·es. « Zone interdite », Le Journal du dimanche, Le Point ou La Vie… Ypomoni enchaîne les interviews et appuie sa légitimité sur les 200 familles concernées que compterait le collectif. Il « alerte » sur une supposée dérive dans la prise en charge des mineur·es trans en France, jusqu’au Sénat. Quatre de ses membres ont été auditionné·es par la sénatrice Les Républicains (LR) Jacqueline Eustache-Brinio, qui porte une proposition de loi visant à interdire les transitions des mineur·es trans.

Ce collectif a été fondé par Camille Lebreton*, chercheuse scientifique, et Suzanne*, psychologue. Selon elles, Ypomoni est apolitique, plutôt de gauche, et rassemble des parents en souffrance préoccupés par le bien-être de leurs enfants. De simples « lanceurs d’alerte », ni transphobes ni opposés à la transidentité, simplement attachés à une « approche éthique des questions de genre ». « Notre objectif est de fournir des témoignages. Nous n’avons aucun objectif législatif ou judiciaire », jure Léa* à Mediapart, un des piliers de ce groupe, qui n’a pas souhaité dévoiler son identité.

Les coulisses d’Ypomoni n’ont en réalité rien à voir avec son discours public. Les milliers de messages que ses membres s’échangent sur une messagerie interne, et que Mediapart a pu consulter, montrent bien des parents en souffrance. Mais ils révèlent aussi une activité militante très agressive et sans véritables limites.

Sur leur Discord (messagerie instantanée) aux nombreuses rubriques (« réseaux », « relations médias », « proviseurs », « ordre médecins », « justice »…), Camille Lebreton et Suzanne, qui tiennent leur véritable identité secrète, établissent des listes d’adversaires qu’il faut cibler en priorité. Des médecins ou des enseignant·es qu’il faut attaquer, des associations ou réunions qu’il faut infiltrer, et des médias ou autorités qu’il faut interpeller. Dans ces messageries, les propos sont bien moins mesurés qu’en public, souvent transphobes, et leur stratégie beaucoup plus claire : s’opposer à la transidentité en commençant par les mineur·es trans.

Des propos transphobes

Depuis 2018, la transidentité n’est plus considérée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une pathologie mentale. « Notre collectif n’est pas opposé dans l’absolu aux transitions à l’âge adulte », insistait donc Camille Lebreton dans le journal La Vie.

En réalité, le collectif avance masqué : sa focalisation sur les seul·es mineur·es est stratégique – un calcul partagé par nombre de politiques de droite et d’extrême droite, qui ont récemment décidé d’investir ce sujet. Ce n’est que la première étape d’un combat politique bien plus général. « Si nous nous attaquons aux jeunes adultes de front et pour commencer, nous ne serons pas entendables une minute », lâche Suzanne en février 2022, dans un message. « Pour gagner en audience, nous ne pouvons pas nous permettre de dire que nous voulons interdire les transitions des adultes », acquiesce Camille Lebreton.

Des membres dont les enfants sont majeur·es s’inquiètent que les adultes trans ne soient pas pris en compte dans la communication du collectif ? Camille Lebreton les rassure et ne cesse de promettre que ce temps viendra : « Je veux changer l’opinion, les mentalités, et arrêter ces conneries. Mais pour cela, il faut de la stratégie », écrit-elle en juillet 2023, après une interview dans laquelle elle disait ne pas s’opposer aux adultes trans. « Nous agirons médiatiquement pour les mineurs, juridiquement pour les majeurs. » En interne, elle se fait aussi beaucoup plus précise : « Je ne crois pas à la transidentité comme autre chose qu’une maladie psychiatrique. »

Et Suzanne, membre du controversé Observatoire de la petite sirène (des professionnel·les tout aussi opposé·es aux transitions de mineur·es) et dont l’enfant a entamé une transition à 18 ans, de compléter : « Si on s’attaque à la question en déclarant irresponsables les trans adultes, nous n’avons aucune chance d’être entendus […]. Mais c’est une guerre, et il faut choisir nos armes, elles ne sont pas idéales. »

Des membres conversent ainsi quotidiennement pour dénoncer ce « lobby » mondial, cette « idéologie » qui « ne s’arrête pas à la majorité », comparent le « trangenrisme » à la « pédophilie » ou regrettent de vivre sous un régime « transtotalitaire ». La souffrance des personnes trans est totalement balayée, comme sont minorées les études révélant qu’elles sont bien plus exposées au suicide que le reste de la population.

« Je considère que la transidentité existe, qu’il y a des personnes trans qui ont le droit de vivre leur vie comme elles veulent », maintient pourtant Camille Lebreton auprès de Mediapart (voir ses réponses en annexe). Alors pourquoi parle-t-elle d’une « maladie » ? « Je me suis peut-être emportée un jour où j’étais énervée », rétorque-t-elle, précisant tout de même considérer que « le sexe n’est pas quelque chose qu’on peut changer » et qu’il « n’est pas assigné mais déterminé dès la conception ».

Relancée sur les nombreux messages promettant de s’attaquer aux adultes trans, elle réfute toute dissimulation mais concède que le collectif « se posera la question de prendre plus de temps pour les majeurs » lorsque « les transitions de mineurs seront interdites ».

Des médecins comme cibles principales

Pour alimenter la panique morale actuelle, Ypomoni insiste sur deux idées : une « explosion » des transitions de mineur·es et un « boom » des détransitions, lorsque des personnes trans regrettent leur démarche et stoppent leurs traitements.

Sur son site, il prétend en avoir « rencontré » et répète à longueur d’interview qu’il s’agirait d’un phénomène d’ampleur que les « transactivistes » tenteraient de dissimuler. « Les parents déplorent une véritable médicalisation “à la demande” de leurs enfants, dès la classe de seconde », peut-on aussi lire dans le rapport de la sénatrice LR citant les témoignages du collectif.

Là encore, les documents consultés par Mediapart font voler en éclats cette communication. Pas un seul enfant mineur des 200 familles du collectif n’a entamé une transition médicale (selon leurs propres écrits) et pas un membre ne connaît une personne qui a regretté sa démarche et détransitionné. « On n’a aucune idée du nombre de détransitions », peut-on lire, en 2022, ou encore : « Perso, je n’en connais pas. »

Dans cette « guerre », les médecins qui accompagnent les personnes trans restent pourtant leurs cibles principales, jugé·es coupables de livrer des traitements trop vite et aux effets « irréversibles ».

Désinformation à l’appui, l’organisation dénonce l’utilisation massive de bloqueurs de puberté (prescrits en fait à une petite minorité des mineur·es trans) ou la prescription d’hormones. La plupart des spécialistes balayent ces accusations (voir notre entretien avec des médecins des consultations spécialisées), mais le collectif persiste à prédire un « scandale sanitaire ».

Gwenaëlle*, membre active d’Ypomoni et par ailleurs médecin généraliste, se charge d’inciter et d’accompagner les autres parents pour qu’ils entament des procédures devant l’Ordre contre les médecins de leurs enfants, ou saisissent le procureur de la République. « Plus on sera nombreux, nous parents, à porter plainte, plus on aura d’audience et nous ferons reculer les médecins », écrit-elle en novembre 2023. Gwenaëlle propose même de les identifier via les numéros de Sécurité sociale...

Questionnée par Mediapart, elle reconnaît avoir ainsi localisé la généraliste de sa fille – majeure – dans le dos de celle-ci : « J’ai des sources en tant que médecin… » Ce qui lui a permis ensuite de déposer plainte auprès de l’Ordre. « C’est irrecevable », admet cependant Gwenaëlle, qui sait n’avoir, au regard de la loi, aucun « intérêt à agir » au nom de sa fille majeure.

Retrouvée par Mediapart, la professionnelle visée s’insurge : « Les menaces qui planent sur les médecins accompagnant de jeunes majeur·es sont graves : elles peuvent freiner de nouveaux médecins à se former et à accompagner, alors que les besoins sont toujours énormes. » Et Gwenaëlle a-t-elle utilisé les numéros de Sécurité sociale d’autres enfants que la sienne ? « Bien sûr que non », jure-t-elle. Ce serait illégal.

En attaquant tous azimuts, les parents d’Ypomoni rêveraient de voir ces médecins « jugés et punis à la hauteur de leurs crimes », cette « bande d’assassins ». Un membre propose de financer des « avocats pitbulls ».

Tout en sachant ces procédures vouées au classement, ces parents persistent dans une bataille plutôt psychologique que juridique. « Pour info, une toubib passée devant l’ordre des médecins en 2019 (et blanchie) a arrêté de bosser. Burn-out. On peut gagner à long terme même quand on perd officiellement », motive Gwenaëlle, en décembre 2023. « Même si cette proposition de loi ne passe pas cette année, les médecins auront de plus en plus peur. Ce qui est nécessaire, c’est d’attaquer massivement en justice », renchérit Camille Lebreton en avril 2024.

Auprès de Mediapart, Christine Vahdat, vice-présidente du conseil de l’ordre départemental de Paris et conseillère nationale, confirme plusieurs « plaintes de parents pour leurs enfants majeurs » et « plusieurs signalements d’alerte » du collectif. « Les plaintes déjà instruites sont rejetées par la chambre, les parents n’ayant pas intérêt à agir pour leur enfant majeur. »

D’après nos informations, Ypomoni compte d’ailleurs une seule victoire, provisoire : en février dernier, un psychiatre de Mulhouse a été condamné à six mois d’interdiction d’exercice (dont trois avec sursis), en première instance, pour avoir supposément attesté trop rapidement de l’absence de contre-indications à une prise d’hormones (après deux consultations). Sûr de son bon droit, il a fait appel. « La souffrance d’une mère, je peux comprendre, réagit ce psychiatre auprès de Mediapart. Mais au nom de quoi cette dame peut-elle porter plainte pour son fils majeur ?! »

Des méthodes parentales brutales

Saisine de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), signalements auprès de la Mission interministérielle de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes), tout est tenté pour dénoncer ce que ces parents considèrent être une entreprise sectaire. La Miviludes a bien reçu « une dizaine de sollicitations en 2018, puis fin 2021-2022 », nous répond-elle. Mais « après analyse, [la mission] n’avait constaté aucune mise en évidence de dérives sectaires dans les situations présentées ».

Parfois, Camille Lebreton va même plus loin en demandant à ses ouailles de « diffuser » un fichier recensant des médecins jugé·es « transactivistes », auprès de journalistes ou d’élu·es. Dans quel but ? « J’ai peut-être dit des choses qui ont dépassé ma pensée. En général, je ne veux pas qu’on mette des gens en pâture, rétropédale-t-elle aujourd’hui. Je ne revendique pas du tout le harcèlement, mais si des parents souhaitent porter plainte contre un médecin qui a agi contre la déontologie, je les encourage. »

Dans cette offensive, les enfants ne sont pas épargné·es. Certains parents se réjouissent de retarder la prise d’hormones de leur fille ou de leur fils, ou de faire en sorte que leur prise en charge ne soit plus remboursée.

En janvier, Marie* évoque la transition entamée par son fils majeur, âgé de 21 ans, et liste les multiples procédures lancées : des plaintes, un courrier à l’hôpital « pour empêcher une future mammectomie », un signalement au procureur et une alerte envoyée à la Haute Autorité de santé (HAS). « J’avance masquée […] Quand elle va découvrir que je la bloque de tous les côtés, elle va être furax », écrit-elle sur le Discord.

« Nous lui avons pris les médicaments et l’ordonnance », se félicite une autre, qui tente de « gagner du temps » face à sa fille de 18 ans.

De nombreuses confidences révèlent aussi des méthodes parentales parfois brutales. En février 2022, Suzanne se vante d’avoir « planqué » les papiers d’identité de son fils pour éviter qu’il « aille changer son genre et son prénom en mairie le lendemain de ses 18 ans ». Une autre raconte « fouiller » le téléphone portable de son enfant et plusieurs s’interrogent pour savoir s’il est possible de déshériter ses enfants parce qu’ils sont trans.

En avril 2022, Franck* raconte une violente dispute avec son fils. « Je lui ai dit de prendre un cutter et de se trancher la gorge et que tout le monde y gagnerait !!, confie-t-il le lendemain, en admettant regretter ses propos. Ma femme, depuis, l’appelle “ machin ”. » La messagerie d’Ypomoni ressemble à un exutoire où l’on moque parfois les personnes trans, où l’on dénigre leur souffrance dans un espace de discussion baptisé « humour débile », et où quelques-uns publient des photos de leurs enfants « avant/après » pour dénoncer les conséquences supposées « dramatiques » d’une transition.

Des associations trans infiltrées

Dans la rubrique « Action », le collectif cible aussi les associations qualifiées de « transactivistes », cette « secte » qui voudrait « enlever » ses enfants. Camille Lebreton incite les membres à dissimuler leurs identités pour cibler les structures désignées ennemies ou récupérer des fichiers de médecins « transfriendly ». « Je suis en train de spammer le compte Facebook de l’association Trans santé France », commente la fondatrice en janvier 2022. Et un autre membre se vante d’avoir contacté une association et la Sécurité sociale en utilisant « sa casquette de journaliste ».

Le collectif écrit aussi en masse à différents proviseurs, associations de parents d’élèves ou enseignant·es qui appliqueraient de manière trop docile la « circulaire Blanquer » qu’il conteste – elle permet aux élèves de changer de prénom avec l’accord des parents.

Régulièrement, Camille Lebreton incite le groupe à infiltrer les associations de l’autre camp pour collecter des informations ou des coordonnées de parents dans le doute. Grandir trans, Fransgenre, OUTrans, ou le congrès de Trans santé France sont leurs obsessions.

« Avis aux pros de l’infiltration subtile de long terme, écrit Camille Lebreton en mars 2023. Si vous avez envie, allez vous inscrire ici [adresse d’un forum d’une association de personnes trans] en expliquant que vous réfléchissez à votre transition. » « Je vais postuler dans un hôpital parisien comme représentante des usagers… Quel hôpital serait le mieux pour notre combat ?? », demande une autre.

Ici il y a une image avec plusieurs messages discord ; transcription du premier des trois messages de l’image :
06/08/2023
@everyone Avis aux pros de l’infiltration SUBTILE et de LONG TERME. Si vous avez envie, allez vous inscrire ici https://forum-ftm.fr/ en expliquant que vous réfléchissez à votre transition. Occasion de récupérer toutes les adresses de médecins recommandés / à éviter pour les ados Ftm
Extraits de la messagerie interne des membres d'Ypomoni. © Justine Vernier/ Mediapart

Des membres s’exécutent et vont parfois trop loin, comme lorsqu’une mère interpelle sur Facebook des parents d’enfants trans pour y lâcher de violents commentaires, sous couvert d’anonymat. « Je ne suis pas sûre qu’aller harceler les mères qui sont à fond pour leur enfant trans soit une bonne idée. Elles font autrement, mais ça va juste nous valoir de la haine », tempère alors Suzanne.

Le harcèlement, justement, est une méthode que certain·es assument. En 2023, Camille Lebreton propose « d’assaillir de messages » la plateforme d’informations sur les mineur·s trans lancée par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), pour livrer des témoignages mensongers. Un an plus tard, elle suggère de se rendre à la conférence d’une spécialiste de l’autisme : « Ce serait utile que des parents la voient pour démonter ce qu’elle dit, gentiment ou pas. »

« Nous avons été la cible d’un harcèlement sur les réseaux sociaux de la part des membres d’Ypomoni suite à un communiqué que nous avions écrit alarmant sur la présence grandissante de ce collectif en Charente et leur propagande idéologique auprès des médecins, raconte Le Transistor, une association de personnes trans et travailleur’euse’s du sexe (TDS) basée à Angoulême. On était un peu anxieux mais on les a ignorés. »

Des échanges avec l’extrême droite

En novembre dernier, Ypomoni relaie le message de l’Observatoire de la petite sirène accusant une librairie de ne pas vouloir vendre le livre des cofondatrices de cet Observatoire, Céline Masson et Caroline Eliacheff, autrices d’un essai intitulé La fabrique de l’enfant transgenre. La librairie dément, facture à l’appui, mais qu’importe, elle devient la nouvelle cible d’Ypomoni. « À vos plumes pour l’aider. Si vous pouviez écrire à cette librairie ce serait pas mal… » Dix-huit mails sont envoyés en quelques jours et la note Google du magasin descend. « On a déposé une main courante au cas où », explique la propriétaire.

Procédé similaire en mars dernier après l’interview du gynécologue Israël Nisand sur France Inter. Les questions des journalistes déplaisent, alors Camille Lebreton diffuse l’adresse mail de Léa Salamé. « Envoyez vos témoignages et messages à France Inter ! Créez-vous une adresse mail anonyme si vous craignez d’être identifiés ! »

Qu’en est-il enfin des alliances politiques de ce collectif ? Dans ses interviews comme sur sa messagerie interne, le collectif regrette que son mouvement soit assimilé à l’extrême droite. De fait, les milliers de messages montrent des convictions politiques diverses et bon nombre de sympathisant·es venu·es de la gauche.

Pas question non plus d’être associé à SOS éducation ou à Juristes pour l’enfance, deux mouvements conservateurs et proches de l’extrême droite, tendance Manif pour tous. « J’ai toujours été très méfiante. La directrice de SOS éducation, dont j’ai oublié le nom, m’a toujours dit qu’elle n’était pas d’extrême droite, mais je n’ai pas souhaité avoir des rapports avec eux », répète encore Camille Lebreton à Mediapart, jurant les tenir à distance, tout comme le duo Marguerite Stern et Dora Moutot, militantes Terf (pour « Féministes radicales excluant les personnes trans ») qui viennent de publier un essai intitulé Transmania.

Le cordon n’est pourtant pas si étanche. En privé, Ypomoni ne cesse de soutenir les initiatives de ces deux autrices, leurs appels, leur manifeste et leurs tribunes. Camille Lebreton, fondatrice du collectif, se revendique Terf comme elles, et vante aussi des échanges avec Aude Mirkovik, porte-parole de Juristes pour l’enfance, ex-figure de la Manif pour tous et opposée notamment à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les lesbiennes.

Lorsqu’en avril 2023, Camille Lebreton évoque l’idée de passer la main et liste les tâches que sa successeure devra réaliser, elle trahit quelques liens jamais assumés en public : « Gérer les actions confidentielles d’Ypomoni. Toutes celles qu’on ne diffusera jamais à 150 familles… » Lesquelles ? Des « conversations avec l’Observatoire petite Sirène » ou « SOS éducation ».

Mathilde Mathieu et David Perrotin

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Re: Infiltration, harcèlement et transphobie : dans les coulisses d’un collectif hostile aux transitions des enfants

Message par PauSG » 06 mai 2024 12:18

Merci beaucoup pour le partage !
Le blog de mon parcours: http://transboiramble.blogspot.fr/

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Re: Infiltration, harcèlement et transphobie : dans les coulisses d’un collectif hostile aux transitions des enfants

Message par Micka17 » 06 mai 2024 12:34

Merci beaucoup pour ce post, affligeant, à ce stade, une plainte collectif par les associations pourrait les contrer ?

Dag
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Re: Infiltration, harcèlement et transphobie : dans les coulisses d’un collectif hostile aux transitions des enfants

Message par Dag » 06 mai 2024 14:40

Merci beaucoup !

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Re: Infiltration, harcèlement et transphobie : dans les coulisses d’un collectif hostile aux transitions des enfants

Message par L'OursonQueer » 06 mai 2024 15:23

Merci pour le partage @genderfucker ! Je n'avais lu que quelques bribes de l'article ici et là au travers de captures d'écran sur Twitter.

On savait déjà que le collectif et ses membres étaient dangereux et avaient des relations plus que douteuses, au moins, avec cet article, cela permettra à d'autres (notamment personnes cis) de s'en rendre compte. Je trouve cependant dommage que Mediapart ait mis cet article (et les autres de sa série sur le sujet) derrière un paywall au vu du climat particulièrement transphobe. Beaucoup passeront à côté car pas abonné·es. En attendant, les journaux d'extrême-droite transphobes, eux, ne se gênent pas pour laisser leurs articles nauséabonds en libre accès.
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(Podcast) T-News - La pastille news des transidentités françaises et internationales : https://open.spotify.com/show/6M2oZ6vXvkOkNw4Ks3iDXI

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Re: Infiltration, harcèlement et transphobie : dans les coulisses d’un collectif hostile aux transitions des enfants

Message par Killian5 » 06 mai 2024 23:17

C'est une des raisons pour lesquelles je poste pas de photos de ma phallo sur internet

genderfucker
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Re: Infiltration, harcèlement et transphobie : dans les coulisses d’un collectif hostile aux transitions des enfants

Message par genderfucker » 08 mai 2024 09:44

L'OursonQueer a écrit :
06 mai 2024 15:23
Je trouve cependant dommage que Mediapart ait mis cet article (et les autres de sa série sur le sujet) derrière un paywall au vu du climat particulièrement transphobe. Beaucoup passeront à côté car pas abonné·es. En attendant, les journaux d'extrême-droite transphobes, eux, ne se gênent pas pour laisser leurs articles nauséabonds en libre accès.
Oui, c’est dommage. Pour les dédouaner, ça demande pas le même travail de pondre un article basé sur son opinion que de faire une vraie enquête. Et derrière, c’est toujours la question de comment se financer. Iels ont choisi le modèle de l’abonnement, là où d’autres ont des milliardaires réactionnaires derrière eux.

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Re: Infiltration, harcèlement et transphobie : dans les coulisses d’un collectif hostile aux transitions des enfants

Message par L'OursonQueer » 08 mai 2024 14:14

@genderfucker Ah mais on est d'accord, c'est clairement pas le même travail ni la même rigueur ! Dans un cas, l'article sera bouclé en 20 minutes histoire de sortir une opinion / des infos claquées au sol, et dans l'autre il y a un travail journalistique avec plusieurs personnes à rémunérer parce qu'il faut fact checker les infos / contacter des orga' / etc.

Et effectivement le modèle de l'abonnement permet aussi de garder une liberté qu'il n'y a pas (ou beaucoup moins en tout cas) quand ton média est financé par des richoux qui te demandent des comptes / filtrent tes sujets ou comment tu les traites.

C'est juste que ça leur laisse le champs libre pour étaler leurs infos et idées transphobes. Il aurait fallu que Médiapart laisse en accès libre ne serait-ce qu'une journée chacun des articles pour qu'ils soient lu par le plus grand nombre.
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